Préambule
Dès lors, il fallut s’employer à trouver des adhérents, des dirigeants et des entraîneurs, notamment pour l’athlétisme qui, sous la férule d’André ADELHEIM et André MOURLON, recordman de France des 100 et 200 mètres, orfèvres en la matière, allaient prêcher la bonne parole pour que les jeunes viennent porter les couleurs de ce « petit club de banlieue », comme on l’appelait alors.
Des circonstances heureuses et le bouche-à-oreille vont voir arriver des garçons, pour la plupart cadets, qui vont au début s’illustrer individuellement et plus tard en équipe dans les challenges de Paris, « ancêtres de nos actuels championnats de France Interclubs. »
Nous avons ainsi rencontré les clubs les plus prestigieux de l’époque, pour ne pas dire de France, tels que le Racing Club de France, le Stade Franças, L’U.S Métro, le Paris Université Club, etc…
Déjà l’ambition du C.A. Montreuil était à terme d’enlever le titre bien modeste de vainqueur des Coupes de Paris (qui pour nous avait la même saveur que celui de Champion de France).
Les stades d’athlétisme manquaient beaucoup, notamment à Montreuil, et il fallut toute la persuasion du Président Jean DELBERT pour trouver un lieu où nous pourrions nous entraîner, qui était le stade des Vallées à Saint-Mandé-Tourelles, sur une piste de 250 mètres (ce qui, pour faire des 500 mètres ou des kilomètres, était idéal, mais pour le 5 000 mètres, c’était un véritable tourniquet).
Peu à peu, en organisant de petites réunions, nous attirions les jeunes à la pratique de l’athlétisme et, comme le club commençait bien modestement à être connu, des recrues de bon niveau vinrent renforcer nos équipes.
Cependant, il fallait aussi trouver les moyens financiers suffisants pour faire face aux dépenses engagées pour ces organisations, ainsi que pour les déplacements.
Pour cela, Jean DELBERT , qui n’était pas en mal de trouvailles, proposa des solutions.
La télévision n’existait pas et il fallait intéresser le public à venir assister aux galas du C.A. Montreuil qui se déroulaient dans la salle des fêtes de la Mairie de Montreuil, suivis d’un bal et d’une tombola.
Tout cela demandait un engagement de tous, athlètes et dirigeants, dont le produit couvrait une bonne partie de nos besoins.
C’est une période que les anciens n’oublieront jamais car c’était au lendemain de la Libération tant attendue. L’hiver, nous participions aux nombreux cross qui se déroulaient dans la région en attendant avec impatience le retour du printemps.
Pratiquement tous les dimanches, avaient lieu des compétitions sous forme de challenges qui nous voyaient partir fréquemment à vélo pour faire une trentaine de kilomètres en direction de la proche campagne, et qui nous permettaient ainsi d’avoir un échauffement suffisant pour ensuite chausser les pointes et courir sur les pistes en mâchefer. Ce qui nous stimulait, c’était à cette époque les prix en nature (poulet, lapin, légumes) qui au retour réjouissaient les parents et les amis.
A la même époque, les chaussures à pointes, comme beaucoup d’autres choses, étaient une denrée rare et il fallait faire appel au « bouif » du quartier qui en « maugréant » à la vue des ces chaussures étranges, acceptait de réparer tant bien que mal.







