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André ADELHEIM

Photo 1926 - Membre fondateur du C.A.Montreuil

En 1943, des amis se retrouvent attablé autour d'un verre dans la Brasserie "Le Régent" tenue par Jean DELBERT. Parmi ceux-ci, il y a des commerçants du quartier de la Croix de Chavaux à Montreuil, un médecin et un gérant de magasin de chaussures qui s'est illustré dans l'athlétisme en participant aux Jeux Olympiques de Paris en 1924, d'Amsterdam en 1928 et de Los Angeles en 1932. Ils sont tous très préoccupés pour l'avenir des jeunes, pour la plupart désemparés par l'ambiance "vert de grisaille" qui règne à cette époque oubliée et pour leur trouver un dérivatif, ils songent à leur faire pratiquer du sport.Mais au début les avis divergent.

Certains, comme André ADELHEIM, prêchent bien sûr pour l'athlétisme, sport universel où les jeunes peuvent trouver tout ce qu'ils souhaitent (saut, course, lancers et relais). D'autres songent au football, d'autres au Basket-ball et aussi à la Marche (qui à l'époque ne dépend pas de la Fédération Française d'Athlétisme, mais de l'Union Française de la Marche) ou encore de l'escrime.
Jean DELBERT, pour mettre tout le monde d'accord, suggère avec son bon sens coutumier, de créer un club omnisports, ce qui sera accepté immédiatement par tous, qui dès le début, lui demanderont d'en prendre la présidence générale.
C'est ainsi que commence l'histoire du C.A. Montreuil. A partir de cet instant, Jean DELBERT, qui ne manquait jamais de courage, va mettre tout en œuvre pour créer rapidement les différentes sections : escrime, basket, marche et athlétisme.
Dès lors, il fallut s’employer à trouver des adhérents, des dirigeants et des entraîneurs, notamment pour l’athlétisme qui, sous la férule d’André ADELHEIM et André MOURLON, recordman de France des 100 et 200 mètres, orfèvres en la matière, allaient prêcher la bonne parole pour que les jeunes viennent porter les couleurs de ce « petit club de banlieue », comme on l’appelait alors.
Tous étaient d’accord pour que le club porte le nom de « Club Athlétique Montreuillois », mais cette dénomination allait rapidement déclencher une opposition de la part du « C.A. Montreuil club de football » qui portait le même nom. Ce n’est qu’après d’âpres mais amicales négociations, que l’on put aboutir au titre de « Club Athlétique de Montreuil » avec un maillot jaune à parement bleu et un écusson avec chevrons sur la poitrine.
Des circonstances heureuses et le bouche-à-oreille vont voir arriver des garçons, pour la plupart cadets, qui vont au début s’illustrer individuellement et plus tard en équipe dans les challenges de Paris, « ancêtres de nos actuels championnats de France Interclubs. » Le C.A.Montreuil a ainsi rencontré les clubs les plus prestigieux de l’époque, pour ne pas dire de France, tels que le Racing Club de France, le Stade Français, L’U.S Métro, le Paris Université Club, etc…
Déjà l’ambition du C.A. Montreuil 93 était à terme d’enlever le titre bien modeste de vainqueur des Coupes de Paris (qui avait la même saveur que celui de Champion de France).

André MOURLON

André MOURLON en 1921 - 9 X Champion de France - 2 Participations aux J.O

Piste en mâchefer

Le mâchefer est le résidu solide de la combustion du charbon ou du coke dans les fours industriels ou bien encore de celle des déchets urbains dans les usines d'incinération

Les stades d’athlétisme manquaient beaucoup, notamment à Montreuil, et il fallut toute la persuasion du Président Jean DELBERT pour trouver le lieu d’entraînement que fût le stade des Vallées à Saint-Mandé-Tourelles, sur une piste de 250 mètres (ce qui, pour faire des 500 mètres ou des kilomètres, était idéal, mais beaucoup moins pour le 5000 mètres, c’était un véritable tourniquet). Peu à peu, en organisant de petites réunions, le club attira les jeunes à la pratique de l’athlétisme et, comme le club commençait bien modestement à être connu, des recrues de bon niveau vinrent renforcer progressivement nos équipes.
Cependant, il devint nécessaire de trouver les moyens financiers suffisants pour faire face aux dépenses engagées pour ces organisations, ainsi que pour les déplacements. Pour cela, Jean DELBERT, qui n’était pas en mal de trouvailles, proposa des solutions… La télévision n’existait pas et il fallait intéresser le public à venir assister aux galas du C.A. Montreuil 93 qui se déroulaient dans la salle des fêtes de la Mairie de Montreuil, suivis d’un bal et d’une tombola. Tout cela demandait un engagement de tous, athlètes et dirigeants, dont le produit couvrait une bonne partie de nos besoins.
C’est une période que les anciens n’oublieront jamais car c’était au lendemain de la Libération tant attendue. L’hiver, nous participions aux nombreux cross qui se déroulaient dans la région en attendant avec impatience le retour du printemps.
Pratiquement tous les dimanches, avaient lieu des compétitions sous forme de challenges qui nous voyaient partir fréquemment à vélo pour faire une trentaine de kilomètres en direction de la proche campagne, et qui nous permettaient ainsi d’avoir un échauffement suffisant pour ensuite chausser les pointes et courir sur les pistes en mâchefer. Ce qui nous stimulait, c’était à cette époque les prix en nature (poulet, lapin, légumes) qui au retour réjouissaient les parents et les amis.
A la même époque, les chaussures à pointes, comme beaucoup d’autres choses, étaient une denrée rare et il fallait faire appel au « bouif » du quartier qui en « maugréant » à la vue des ces chaussures étranges, acceptait de réparer tant bien que mal.
Anciennes pointes